À 28 ans, il a déjà décroché une étoile Michelin et un titre que beaucoup de chefs rêvent d’entendre un jour. Pourtant, au départ, rien ne destinait vraiment Quentin Gallopyn à devenir l’un des jeunes chefs belges les plus prometteurs. Son parcours, construit loin des projecteurs, intrigue. Sa cuisine, elle, fascine. Et si vous découvriez pourquoi son nom revient de plus en plus souvent quand on parle de la nouvelle garde gastronomique en Belgique ?
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Qui est Quentin Gallopyn, ce jeune chef qui bouscule la scène belge ?
Né en Wallonie et à peine trentenaire, Quentin Gallopyn dirige aujourd’hui les cuisines du restaurant Le Vicomté*, à Péruwelz, dans le domaine d’Arondeau. En quelques années, il a fait un bond spectaculaire : il est passé d’« espoir de la gastronomie » à chef étoilé confirmé.
En 2025, le Guide Michelin lui attribue une première étoile pour Le Vicomté* et le consacre « Jeune chef de l’année » en Belgique. Un doublé rare. Pour un chef de moins de 30 ans, c’est un signal fort : son nom compte désormais dans le paysage gastronomique européen.
Un chef… qui ne rêvait même pas de cuisine au départ
Contrairement à beaucoup de cuisiniers qui racontent avoir grandi entre les casseroles de leur grand-mère, Quentin n’a pas ce genre de cliché à offrir. La cuisine n’était pas son rêve d’enfant. Elle est arrivée un peu par hasard dans sa vie.
À l’école, il s’ennuie. Il se découvre surtout « manuel », plus à l’aise dans l’action que derrière un bureau. C’est son père qui le pousse vers l’hôtellerie. Direction l’ETH de Saint-Ghislain. Là, c’est le déclic : la salle, la cuisine, le lien avec les clients… tout lui plaît. Il comprend très vite que ce métier consiste à se faire plaisir en donnant du plaisir aux autres.
Des maisons étoilées comme terrain de jeu
Durant ses études, Quentin Gallopyn ne se contente pas de suivre les cours. Il va frapper aux portes des grandes maisons. Ses stages se déroulent dans plusieurs restaurants étoilés : L’Eau Vive, Comme chez Soi, L’Air du Temps… Des adresses mythiques qui vont façonner sa vision de la haute cuisine.
Ce bain très tôt dans le monde étoilé laisse des traces. Il y apprend la rigueur, le sens du détail, la précision du geste. Mais aussi quelque chose de plus subtil : comment raconter une histoire dans une assiette. Ces expériences serviront plus tard de base à sa propre identité culinaire.
De la brasserie à la haute gastronomie : un parcours très terre-à-terre
Après les stages, Quentin passe par une excellente brasserie, Le Noir Bonnet. Une étape importante. Il y touche de près une cuisine plus directe, plus gourmande, ancrée dans le quotidien des clients.
Ensuite, changement de décor : il rejoint Benoît Neusy à L’Impératif à Maisières, puis le suit au domaine d’Arondeau, à Rocourt. Quand ce dernier s’en va, Quentin prend la relève en cuisine. Il travaille sur le site depuis environ cinq ans, dont deux en tant que chef du Vicomté*. La transition est discrète, mais décisive : la maison vient de trouver sa nouvelle signature.
Une cuisine française moderne… avec un accent japonais
Comment décrire la cuisine de Quentin Gallopyn sans la réduire à une étiquette ? Lui parle d’abord de gastronomie française. Des bases classiques, oui. Des cuissons précises, des sauces travaillées, un vrai respect des produits.
Mais ce socle est clairement modernisé. Les assiettes sont épurées, les saveurs nettes, les touches acidulées très présentes. Et surtout, on retrouve souvent des influences japonisantes : un bouillon clair façon dashi, un condiment au yuzu, un miso discret, une sauce soja légèrement sucrée pour relever une viande… Jamais lourd, toujours en filigrane.
Produits locaux, exigences globales
Le chef insiste sur un point : travailler au maximum avec des produits locaux. L’huile d’olive utilisée en cuisine est produite en Belgique, le beurre est belge, une grande partie des légumes et des herbes viennent de producteurs du pays. La proximité, mais sans compromis sur la qualité.
Évidemment, certains produits d’exception viennent de plus loin. Des poissons particuliers, des agrumes rares, quelques condiments introuvables en Belgique. L’idée n’est pas d’être dogmatique, mais cohérent. Quand un produit mérite de voyager pour arriver dans l’assiette, Quentin le choisit. À condition de pouvoir offrir ce qu’il estime être « le meilleur » à ses clients.
Une étoile, et ensuite ? Les coulisses d’un changement brutal
L’arrivée de l’étoile change tout ou presque. Après l’annonce, le restaurant reçoit des dizaines de mails de réservation. Le téléphone ne cesse de sonner. Pour une adresse située dans un endroit un peu à l’écart, mais à la croisée de la Flandre et de la France, c’est un véritable coup de projecteur.
Cette reconnaissance, le chef la vit comme une fierté partagée avec toute son équipe. La distinction Michelin était espérée, mais plutôt à moyen terme. Elle arrive plus tôt que prévu. Résultat : il faut gérer un nouvel afflux de clients, tout en gardant le même niveau d’exigence. Un défi que beaucoup de jeunes chefs ont du mal à relever. Ici, la pression devient un moteur.
Un jeune chef déjà étoilé… mais loin d’être rassasié
Alors, une fois l’étoile accrochée, que reste-t-il comme rêve ? Pour Quentin Gallopyn, la réponse est simple : continuer à évoluer. Il ne se voit pas comme un chef arrivé, mais comme un cuisinier en mouvement.
Il souhaite encore enrichir l’expérience au Vicomté*. Faire évoluer la carte, travailler de nouveaux produits de saison, pousser plus loin le lien entre cuisine française et touches asiatiques. Il évoque aussi l’idée d’ouvrir un jour une brasserie annexe, dans l’esprit d’un bistrot parisien, plus accessible. Une façon d’ouvrir la cuisine gastronomique à un public plus large, sans renoncer à la qualité.
Pourquoi il fait partie des 5 jeunes chefs à suivre en Belgique
Si l’on parle autant de Quentin Gallopyn aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour son étoile ou son titre de jeune chef de l’année. C’est aussi pour ce que son parcours raconte de la nouvelle génération de cuisiniers belges.
- Il assume un itinéraire atypique, sans rêve d’enfance idéalisé.
- Il mêle rigueur des grandes maisons et simplicité apprise en brasserie.
- Il défend les produits locaux, sans se fermer au reste du monde.
- Il fait dialoguer tradition française et délicatesse japonaise.
- Il voit la gastronomie comme un plaisir à partager, pas comme un spectacle réservé à quelques-uns.
En d’autres mots, Quentin Gallopyn symbolise une cuisine sérieuse, mais jamais coincée. Exigeante, mais profondément généreuse. Si vous cherchez un jeune chef belge à suivre de près, son nom mérite clairement une place tout en haut de votre liste.
Où découvrir la cuisine de Quentin Gallopyn ?
Le restaurant Le Vicomté* se situe au sein du domaine d’Arondeau, au 29 rue d’Arondeau, 7601 Péruwelz. Un cadre verdoyant, un peu en retrait, qui contraste joliment avec la précision des assiettes.
Si vous y allez, prenez le temps de choisir un menu dégustation. C’est là que l’on perçoit le mieux sa manière de passer d’un registre à l’autre : un poisson délicat, une viande parfaitement rôtie, un jus réduit lentement, une note japonaise en fin de bouche. Une cuisine qui ne crie pas, mais qui reste longtemps en mémoire.


